Maladies de l’olivier : les signes à comparer sur vos photos avant de traiter

Des taches rondes sur les feuilles orientent vers l’œil de paon ; un dépôt noir qui s’efface évoque plutôt la fumagine. Une branche qui sèche brutalement demande davantage de prudence : plusieurs causes produisent le même résultat. Pour reconnaître les maladies de l’olivier sur vos photos, comparez la forme des lésions, leur emplacement et leur évolution avant de choisir un traitement.
Repérer le symptôme dominant avant de chercher une maladie
Observez d’abord l’arbre entier. Le problème touche-t-il une seule branche, le bas du feuillage ou toute la couronne ? Examinez ensuite les deux faces des feuilles, les rameaux et les olives. Une photo rapprochée ne suffit pas toujours : elle montre une lésion, mais pas sa répartition ni les conditions de culture.
| Zone observée | Signe à comparer | Piste à vérifier |
|---|---|---|
| Feuilles | Taches circulaires sombres, parfois entourées de jaune | Œil de paon |
| Feuilles et rameaux | Pellicule noire superficielle, support parfois collant | Fumagine associée au miellat d’insectes |
| Branche entière | Flétrissement puis dessèchement localisé | Verticilliose, problème racinaire ou blessure |
| Rameaux et tronc | Galles irrégulières, aspect verruqueux | Tuberculose de l’olivier |
| Olives | Taches brunes en creux, pourriture, parfois dépôt orangé | Anthracnose |
| Feuillage entier | Jaunissement sans lésion caractéristique | Arrosage, drainage, nutrition ou renouvellement naturel |
Pour obtenir un avis utile, prenez une vue générale, une photo du rameau atteint et un gros plan net avec une règle comme repère. Notez la date d’apparition, les pluies récentes, l’arrosage et une éventuelle taille. Ces détails permettent de départager des symptômes visuellement proches.
Feuilles tachées ou noires : distinguer deux problèmes très différents
L’œil de paon laisse des marques dans le tissu
L’œil de paon, aussi appelé cycloconium, provoque des taches circulaires généralement comprises entre 2 et 10 millimètres. Leur centre brun à sombre peut être entouré d’un halo jaune, avec un dessin en anneaux. Les feuilles jaunissent puis tombent lorsque l’attaque progresse. Contrairement à une salissure, la marque ne disparaît pas au frottement.

Les périodes humides du printemps et de l’automne favorisent cette maladie, notamment avec des températures de 15 à 20 °C. Ramassez les feuilles atteintes tombées au sol et aérez raisonnablement la couronne. Un traitement cuprique autorisé sur olivier peut avoir un rôle préventif ; il ne répare pas les feuilles déjà lésées.
La fumagine forme une pellicule en surface
La fumagine ressemble à de la suie déposée sur le feuillage. Une partie du noir s’enlève en frottant doucement avec un chiffon humide. Ces champignons se développent sur le miellat, une substance sucrée produite notamment par les cochenilles. Cherchez des petites coques brunes sur les rameaux et sous les feuilles : nettoyer sans maîtriser leur présence laisse le problème revenir.
Sur un petit olivier, un nettoyage doux et le retrait manuel des cochenilles accessibles peuvent aider. Le savon noir est parfois employé à 5 %, mais cette dilution ne convient pas automatiquement à toutes les formulations : vérifiez l’usage indiqué, testez une petite zone et évitez soleil direct et forte chaleur.
Branches sèches et tronc abîmé : les situations à faire confirmer
Verticilliose et dépérissement racinaire
La verticilliose, due à Verticillium dahliae, peut entraîner le flétrissement puis le dessèchement d’une partie de l’arbre. Des feuilles sèches restent parfois attachées aux rameaux. Ces signes ne permettent toutefois pas un diagnostic certain : excès d’eau, sécheresse ou racines endommagées peuvent donner une silhouette comparable.
Xylella fastidiosa sur l’olivier : identification et signalement — Découvrez les informations officielles sur la gestion intégrée de Xylella fastidiosa et les consignes pour signaler sa présence sur les oliviers.
Ce champignon peut survivre plus de dix ans dans le sol ; les jeunes oliviers de moins de 10 ans sont particulièrement vulnérables. Il n’existe pas de pulvérisation curative simple pour assainir un arbre infecté. Faites confirmer la cause avant de déplacer de la terre, de replanter au même endroit ou d’engager une taille importante.
Galles bactériennes, chancres et carie du bois
La tuberculose de l’olivier, associée à Pseudomonas savastanoi, forme des excroissances ligneuses irrégulières. Les bactéries profitent notamment des blessures et peuvent être disséminées par les outils contaminés. Un chancre correspond plutôt à une zone d’écorce morte ou déprimée : ce terme décrit une lésion, pas nécessairement sa cause.
Un bois spongieux, friable ou creusé évoque une carie du bois liée à des champignons lignivores. Sur une grosse branche ou un vieux tronc, la priorité devient aussi mécanique : faites évaluer sa solidité. Évitez de creuser les cavités ou de couper largement sans diagnostic.
Un dessèchement rapide et inexpliqué mérite un avis professionnel. Des brûlures foliaires peuvent notamment évoquer Xylella fastidiosa, sans être spécifiques. En cas de suspicion, contactez le service régional chargé de la protection des végétaux et ne déplacez pas le végétal.
Olives abîmées et feuilles jaunes : écarter les faux diagnostics
L’anthracnose, également appelée lèpre de l’olivier, touche surtout les fruits. Les olives présentent des zones brunes déprimées, pourrissent et peuvent porter une masse orangée à rosée par temps humide. Certaines tombent ; d’autres se dessèchent sur l’arbre. Retirez les fruits atteints, y compris ceux restés accrochés, pour réduire les foyers de contamination.
Une petite piqûre accompagnée d’une galerie dans la pulpe oriente plutôt vers la mouche de l’olivier. La teigne peut aussi provoquer des pertes de fruits. Ce sont des ravageurs, non des maladies : un fongicide ne résout pas leurs attaques. De même, des encoches sur le bord des feuilles suggèrent un insecte grignoteur plutôt qu’un champignon.
Sur un olivier en pot, un jaunissement diffus impose d’abord de contrôler la motte et les trous d’évacuation. Une soucoupe pleine, un substrat constamment détrempé ou, inversement, une motte très sèche peuvent expliquer le dépérissement. Une carence reste possible, mais ajouter de l’engrais à un arbre dont les racines souffrent n’est pas le premier geste.
Pensez à la logique d’une graine : sa reprise dépend d’abord du milieu qui l’entoure, pas d’un produit appliqué sur sa partie visible. Pour l’olivier aussi, examinez ce qui se passe sous la surface. Comparez l’humidité en périphérie et au cœur de la motte : après rempotage, l’ancien bloc racinaire peut rester sec alors que le terreau autour est humide. Le feuillage montre alors un manque d’eau malgré des arrosages réguliers.
Intervenir dans le bon ordre pour éviter les récidives
La première réponse n’est pas une pulvérisation systématique. Commencez par corriger l’humidité excessive, retirer les débris malades accessibles et identifier les éventuels insectes. Au jardin, évitez d’arroser le feuillage ; en pot, assurez une évacuation effective de l’eau plutôt que de compter uniquement sur une couche de gravier au fond.
- Nettoyez les outils, puis désinfectez-les à l’alcool à 70° entre les arbres et après une coupe suspecte.
- Taillez par temps sec, sans éclaircissage brutal ni multiplication des grosses plaies.
- Évacuez les feuilles et fruits malades selon les règles locales ; ne brûlez pas les déchets verts sans autorisation.
- Choisissez uniquement un produit autorisé pour l’usage concerné, en respectant doses, précautions et délais avant récolte.
La bouillie bordelaise est préventive, non un remède universel. Le purin de prêle dilué à 10 % est parfois proposé en accompagnement, sans remplacer un diagnostic ni garantir la maîtrise d’une maladie. N’appliquez pas automatiquement une série de traitements : leur nécessité dépend du problème identifié, de la météo et de l’étiquette du produit.
Photographiez enfin les mêmes rameaux au fil des observations. Les anciennes taches peuvent persister malgré une amélioration ; ce sont surtout l’apparition de nouvelles lésions, la chute des feuilles et l’état des nouvelles pousses qui permettent de juger l’évolution.